Composée de mécontents aux récentes élections présidentielles et d’anciens amis, aujourd’hui adversaires, l’opposition au Bénin est en filigrane dirigée au sud par l’homme d’affaire Sébastien Germain Adjavon, arrivé troisième au premier tour des joutes de mars 2016 et au nord par l’ancien président de la République, Thomas Boni Yayi. Si la mouvance a choisi très tôt de lancer les hostilités en créant deux grands blocs politiques acquis à la cause de la Rupture, l’opposition reste spectatrice et traine les pas.

L’expérience a montré au Bénin que lorsqu’on se met ensemble parce que ses anciens amis ont choisi de faire la politique d’éloignement, et que soi-même avec ses nouveaux amis, par le passé, m’étaient pas de bons camarades, la catastrophe ne tarde pas à frapper à la porte. Les ennemis d’hier seraient-ils devenus des amis d’aujourd’hui ? Ne dit-on pas « lorsqu’on a été mordu par un serpent, on craint le ver de terre » ? La classe politique béninoise surfe sur la méfiance, la suspicion, et l’incertitude. Bien que la maison mouvance présidentielle constituée en deux grands blocs, n’est pas épargnée de tout danger de dernières heures, celle de ses amis d’en face l’est encore beaucoup moins. Le risque pour les deux est a deux niveaux très distincts. Les regroupements actuels doivent non seulement s’engager pour les élections législatives de 2019 mais aussi par ricochet constituer la route jusqu’aux joutes présidentielles de 2021. Il urge donc de bien murir les réflexions avant de se décider. Visiblement aucun des groupes réunis ne semble voir la chose sous cet angle. Le second niveau va permettre de mieux voir la pertinence de cette intelligence. Les deux blocs de la mouvance présidentielle sont conduits par un homme influent du Nord et un renard du Sud. Sans commentaire. Le même phénomène se dessine dans l’opposition avec les grands hommes cités plus haut. Dieu seul sait s’ils choisiront finalement d’aller aux élections en Dizygote comme leurs amis ou en Monozygote.

Le silence qui profite au BMP…

Qu’est-ce qu’ils négocient si longuement depuis tout ce temps, ces gens de l’opposition, alors qu’ils savent que l’heure n’est plus aux futilités ? Si le silence est une arme fatale pour agir, il est aussi un couteau à double tranchant. Stratégie des gagneurs, peut-être, mais les premiers occupants ne risqueraient-ils pas d’être les plus adoubés des populations. Il est clair que la bataille sera rude et que beaucoup parlementaires vont perdre leur sièges au détriment d’autres. Les différents positionnements sur les listes promettent de ne pas être une partie de plaisir. Par ailleurs, si l’objectif premier, peut-être principal, des membres de la mouvance présidentielle est de rafler un nombre conséquent de sièges aux prochaines élections législatives, il est très important de garder à l’esprit que la création de plus d’un bloc pourrait, au-delà de ses quelques avantages, créer la division au sein de la même famille voire distraire les populations qui déjà se posent des questions. Ce qui pourrait faire les affaires de l’opposition qui ne demande que ça. Mais le coordonnateur du BMP a très tôt levé cette équivoque sur une station de la place. L’honorable Jean-Michel Abimbola dans un entretien accordé à Océan FM. « La majorité présidentielle est en train d’affiner son organisation qui a démarré depuis la création du BMP. Suite au vote de la Charte des partis politiques et du Code électoral, nous avons considéré qu’il était normal de nous mettre en ordre de bataille. Donc il a été convenu à la réunion du mardi 18 septembre, que nous serons organisés pour les années à venir en deux partis politiques » a déclaré l’ancien ministre du régime Yayi. Il poursuit : « Le reste c’est de l’opérationnaliser pour que nous ayons un parti créé avec un nom connu pour commencer les activités sur le terrain avec ses attributs ». Il faut préciser que sur le terrain actuellement, l’homme avec son Rassemblement National des Démocrates (RND) draine la foule pour le président Talon.

Judicaël E.C. GBETO

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