Depuis son arrivée à la tête du foot béninois, le nouvel homme fort de la Fédération béninoise de football, Mathurin De Chacus est sur tous les fronts. On se réjouit avec lui d’être l’homme sous qui le Onze national a, pour la toute première fois, terrassé la grande Algérie. Plusieurs sorties déjà à son actif. Mais ces sorties n’ont pas encore permis à l’homme de protéger les Ecureuils contre les « rapaces » politiques du monde foot. La rencontre contre les Fennecs en est une belle illustration. Les télécommandes sont certainement passées par là.

Les Ecureuils ont failli y laisser leur queue. Vainqueurs contre les Fennecs le 16 octobre dernier au stade Général Mathieu Kérékou, ils avaient eu, au-delà de tout le gros travail fait, de la chance. Même à domicile, le Bénin est diplomatiquement vulnérable. Départ de l’ancien président de la fédération béninoise de football de la tête de l’institution a, quoi qu’on dise, laissé un gros trou dans la diplomatie sportive béninoise au niveau africain. Anjorin Moucharafou, n’ayons pas peur des mots, était un fin stratège qui avait pu se faire une place à l’ombre de la « mafia » au sommet du foot africain et mondial. Il pouvait anticiper sur certaines situations. Il pouvait tout au moins se rassurer que le sifflet serait au moins neutre à domicile et même parfois en déplacement. Encore que sous le règne de son père spirituel, sauté de façon inattendue par le Malgache Ahmad Ahmad, il était capable de contrôler des « situations » en faveur du pays ou non. Ses intérêts pouvaient passer avant ceux du pays, il s’en foutait. Et c’est ce côté moins sympa de lui que les « gens » n’ont pas aimé. Quelques détails sur sa gestion, et actuellement il est loin du foot, loin des stades, loin des parents, loin des affaires et loin de nous. Mais de ce monsieur, autrefois, icône et monument du foot béninois et africain, on ne parlera pas. On parlera plutôt de son successeur qui jusque-là fait du sans faute ; seulement qu’il faudra lui rappeler certains ingrédients qui entrent aussi dans la préparation de la sauce-foot.

Un conseil au président de FBF …

Il est impoli de donner des instructions à son aîné, m’a-t-on dit. C’est pourquoi je me confonds en conseiller du président de la Fbf pour de lui dire ces quelques mots. Monsieur le président, gérer une fédération de foot revient à véritablement s’impliquer. Au-delà des rendez-vous avec les décideurs au plan africain et mondial, il ne faut pas perdre de vue que le monde du foot est un monde très actif avec des retournements de situations spectaculaires. Etait-on si démuni, si inoffensif et si orphelin au point d’accueillir un match téléguidé depuis des fauteuils bourrés ? L’habitude pour ceux qui s’y connaissent un peu en foot est que le pays qui accueille, reçoit d’une certaine manière des faveurs dans les jugements arbitraux ; et au pire des cas le match est totalement neutre. La grande Algérie était arrivée au Bénin pour remporter les trois points du match, quelle qu’en soit la manière. La cible, Stéphane Sessègnon, était l’homme à désarmer coûte que coûte. Le plan a marché. Le capitaine béninois, sous pression et plus d’une fois menacé par les décisions arbitrales, a mordu à l’hameçon. Un simple mot, Dieu sait si c’est déjà suffisant pour avertir et des secondes après expulser. Mais lorsqu’on doit répondre à des instructions, on ne peut qu’accepter de jouer le jeu jusqu’à la fin. Jackson Pavaza et ses autres confrères complices l’avaient fait, mais rien n’a bougé au marquoir électronique jusqu’à la 90ème minute. Même les 10 sataniques minutes accordées. Monsieur le président, sachez qu’aucun arbitre n’agirait ainsi de son propre gré. Alors que s’était-il passé ? Une main extérieure a fait, à votre place, ce que vous deviez faire. Protéger les siens. Sortez vos griffes diplomatiques et faites peur aux « rapaces ». Le Bénin accueille le Togo en dernière journée et dans un match-finale. N’est-ce pas un test grandeur nature ?

Judicaël E.C. GBETO

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