En considérant la décision prise au terme du congrès de l’Union pour le Développement d’un Bénin Nouveau (UDBN), l’attitude des têtes de pont de ce parti ressemble à une arnaque de leurs alliés de la mouvance à l’ère du système partisan, un projet cher au précurseur de la Rupture, Patrice Talon.

Il est surprenant qu’à l’ère du système partisan, l’UDBN et sa présidente, Claudine Prudencio, décident de désobéir à la mouvance alors qu’ils disent en être membres. Le congrès tant attendu ce week-end à la salle de fête de Gbégamey (Majestic) a accouché par césarienne et les médecins dépêchés au chevet de dame (UDBN) en travail, n’ont récupéré qu’une souris. Rien de nouveau au terme de ce congrès. Le seul constat est qu’il a accouché d’un jeu de mots, morceaux choisis: UDBN (Union pour le Développement d’un Bénin Nouveau) devient UDBN (Union Démocratique pour un Bénin Nouveau). Une sémantique vaseuse et soporifique digne d’une œuvre inachevée sinon que ce qui était attendu est le choix d’entre les deux blocs de la mouvance : (ndlr les Républicains ou les Progressistes).
Mais la vraie leçon à en tirer est qu’au fur et à mesure qu’on se rapproche de 2019, les faux soutiens à Patrice Talon se découvrent. Pendant que le Chef de l’Etat égrène ses jours à la tête du pays, on se rend compte, et lui-même d’ailleurs, que les ouvriers de la 25ème heure qui ont rejoint la barque de Rupture ne jouent tous pas franc jeu. En politique, « le vrai et le mensonge peuvent porter le même pagne », disait à raison Hamadou Hampaté Bâ. Et ce choix de l’UDBN de faire cavalier seul, pendant que tous les autres partis et mouvements de la mouvance se casent soit chez les Républicains ou les Progressistes, en est la preuve tangible que Talon doit se méfier de ses soutiens. « L’UDBN n’est pas de l’opposition », a dit sa présidente Claudine Prudencio au congrès. Peut-on appartenir à la mouvance sans soutenir les réformes de son chef ? Toute la problématique est là. Et le jeu de mots ou le battage médiatique avant, pendant et après ce fameux congrès est beaucoup plus tiré par les chevets. En clair, l’honorable Claudine Prudencio et ses pairs on voulu nous faire prendre des vessies pour des lanternes. En politique quand on soutient la vision d’un président de la République, il est rare de s’opposer à ses réformes. C’est à croire que certes l’UDBN, ancien soutien à Sébastien Ajavon a beau clamer qu’elle est de la mouvance présidentielle, mais assise entre deux chaises. Sinon la décision, d’aller aux législatives en tant que parti, prise samedi est à l’antipode de la vision du Chef de l’Etat. Or, plus loin, la présidente déclare: « Certes, le soutien au Chef de l’Etat, est acquis depuis lors. Nous partageons sa volonté de faire de son mandat un instrument de rupture et de transition devant aboutir à la mise en place des grandes réformes politiques et institutionnelles…». Des propos qui tranchent avec la décision prise. Parmi les réformes en cours, Talon n’a-t-il pas décidé d’assainir le paysage électoral et faire le deuil des clubs électoraux par le truchement du système partisan ?

Le poids de l’UDBN sur l’échiquier national ?

Parti d’arrondissement ou presque, l’UDBN dans une certaine mesure ne pèse pas plus que le duvet d’un oiseau. Un seul député, zéro élu local, zéro conseiller communal et zéro chef quartier. C’est ni plus ni moins une Association électorale malgré ses nombreuses années d’existence. Le bilan est bel et bien famélique et dans le contexte actuel, celui du système partisan, décider d’aller aux élections, seul est un choix autodestructeur. «Vous avez parfois levé le ton pour exprimer votre attachement aux idéaux du parti, aux valeurs de démocratie et de liberté qui constituent le socle de notre regroupement », a déclaré l’honorable Claudine Prudencio pour insinuer que l’unanimité est faite autour de la décision, à la limite saugrenue. Mais à vrai dire, qui connaît l’UDBN à Dogbo dans la 12ème circonscription électorale, à Lokossa dans la 18ème, à Malanville dans la 1ère circonscription électorale ? On ne peut multiplier les exemples sans se perdre en conjectures en tout cas. Le défi est trop grand et la tâche paraît incommensurable pour les épaules de l’honorable Claudine Prudencio. Son propre exemple est la preuve inéluctable que le parti ne vaut pas grand-chose. La dernière fois qu’elle s’est fait élire, c’était grâce au coup de pouce de l’Union fait la Nation. De ce point de vue, il est étonnant qu’elle se voie aussi belle et grosse telle une grenouille imitant un bœuf pour porter une charge qui la dépasse. Pire, à Godomey chez elle, les jeunes lui promettent un camouflet arguant du fait qu’on la voit seulement à la veille des élections. Autant dire que le choix du parti est suicidaire et la branlée en 2019 ne sera pas évitable. Le naufrage collectif se prépare pour l’élue du peuple qui doit ses deux participations à deux différentes mandatures à l’Assemblée nationale aux Fcbe et à l’UN. Sinon avec l’actuel nouveau code électoral et au regard du redéploiement des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) sur le terrain, et les Requins Progressistes ou Républicains de la 6ème circonscription électorale, que peut l’UDBN à Godomey, la seule commune dans laquelle elle s’est peu ou prou enracinée ? Question de bon sens à l’honorable Claudine Prudencio.
Ghislain Printant

Encadré
1-L’UDBN participera aux prochaines échéances électorales sous la bannière UDBN
2- UDBN (Union pour le Développement d’un Bénin Nouveau) devient UDBN ( Union Démocratique pour un Bénin Nouveau)
3-Le parti UDBN comporte désormais trois instances dirigeantes. Il s’agit de: le Congrès, le Conseil National, le Bureau exécutif national.

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