Par le biais d’une déclaration commune faite au Chant d’Oiseau de Cotonou ce mercredi 24 octobre 2018, les deux anciens chefs d’Etat, Nicéphore Soglo du Bénin et Olusegun OBASANJO du Nigéria se sont retrouvés pour évaluer la mise en application des « résolutions de Tokyo » et d’en analyser la signification profonde afin de proposer les modalités adéquates de leur faisabilité dans la région ouest-africaine et africaine’’, précise ladite déclaration. Il s’agit en réalité du Groupe de Base du « Forum Afrique », qui s’était en effet réuni pour discuter essentiellement d’une nouvelle approche pour la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique, en soutien aux efforts continentaux visant à concrétiser la vision pour une Afrique pacifique, prospère et intégrée le 31 août et le 1er septembre 2018 au Japon.

DECLARATION DE COTONOU
A l’issue de la conférence sur
La traite négrière
(La plus grande déportation de l’histoire)
et sur l’avenir de la CEDEAO

Cotonou, le 24 Octobre 2018

Après leur participation au Forum des anciens Chefs d’Etat et de Gouvernement d’Afrique (Forum Afrique) qui a eu lieu à Tokyo le 31 Aout et le 1er septembre 2018, aux côtés de leurs pairs des autres régions de l’Afrique, leurs Excellences :
Olusegun OBASANJO, Ancien Président de la République Fédérale du Nigéria,
Nicéphore Dieudonné SOGLO, ancien Président de la République du Bénin,
se sont rencontrés à Cotonou, le mercredi 24 Octobre 2018 au Chant d’Oiseau pour procéder à l’évaluation des résolutions de Tokyo, afin d’en analyser la signification profonde et de proposer les modalités adéquates de leur mise en œuvre dans la région ouest-africaine et africaine.
Pour rappel, la réunion de Tokyo avait pour thème : « Vers une paix durable en Afrique » et avait connu la participation des anciens chefs d’Etats ci-après :
Son Excellence Joachim CHISSANO, Ancien Président de la République de Mozambique, Président du Forum Afrique ;
Son Excellence Nicéphore Dieudonné SOGLO, Ancien Président de la République du Bénin, Vice-Président du Forum Afrique ;
Son Excellence Olusegun OBASANJO, Ancien Président de la République Fédérale du Nigéria ;
Son Excellence Ben M’KAPA, Ancien Président de la République de la Tanzanie ;
Son Excellence Thabo M’BEKI, Ancien Président de la République d’Afrique du Sud.
Le Groupe de Base du « Forum Afrique », s’était en effet réuni pour discuter essentiellement d’une nouvelle approche pour la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique, en soutien aux efforts continentaux visant à concrétiser la vision pour une Afrique pacifique, prospère et intégrée ; l’objectif de la rencontre étant d’identifier les causes profondes des conflits en Afrique et les modalités de promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité.
La réunion du Groupe de Base s’est attelée à identifier des domaines spécifiques de coopération pour éviter les conflits, résoudre ceux en cours et promouvoir la paix.
Les anciens Chefs d’Etat, après des réflexions approfondies et une discussion subséquente, ont choisi de retenir entre autres points focaux :
L’arrière-plan historique et culturel de l’Afrique en particulier, les conséquences dévastatrices de la traite négrière et du colonialisme ainsi que la balkanisation du continent et la division deson peuple. Ceci est particulièrement vrai pour le Bénin et le Nigéria.
L’incapacité à relever les défis de l’édification d’une Nation aggravée par l’ethnicité, la marginalisation et l’exclusion (réelle ou perçue).
L’exclusion économique et le sous-développement.
L’absence de leadership crédible et de qualité.
L’absence de participation citoyenne active dans la prise de décision, etc…
Les deux hommes d’Etat ont réitéré leur volonté d’œuvrer ensemble en raison notamment des relations fraternelles de voisinage et d’amitié qui les unissent pour promouvoir la paix et la cohésion entre le Nigéria et le Béninet à essaimer dans la région ouest-africaine.
Au cours de leurs entretiens, les deux hommes d’Etat ont rappelé l’arrière-plan historique et culturel de leurs deux pays marqué par les conséquences dévastatrices de la traite négrière et de la colonisation. A cet effet, ils ont évoqué les initiatives Ouidah 1993 et le colloque sur le projet international de la route de l’esclave qui pourraient être redimensionnées et prendre une forme régionale. Ils ont notamment retenu d’œuvrer pour le renforcement de la coopération et l’intégration des économies des pays de la région ouest africaine en rappelant cet arrière-plan historique et culturel.
Dans ce cadre,les deux hommes d’Etat ont convenu de proposer à la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO, à la conférence des Chefs d’Etat de l’Union Africaine et à l’UNESCO, de retenir un jour pour la commémoration de la traite négrière. Ce faisant, ils pensent rappeler en ce jour-souvenir, à la communauté internationale, l’une des causes principales de l’arriération de notre continent et offrir l’occasion de réflexions sur les conditions réelles de son développement.
Cet arrière-plan historique peut en effet devenir le socle des programmes d’intégration des économies de pays qui partagent les conséquences dévastatrices d’une histoire qui leur est commune pour s’être imposée à eux.
S’agissant de l’intégration des économies des Etats de la région ouest-africaine, les deux hommes d’Etat se sont félicités des résultats des programmes d’intégration économique mis en œuvre dans le cadre de la CEDEAO notamment en ce qui concerne le programme d’intégration monétaire. Ce programme vise une parfaite mobilité des capitaux. Le processus est certainement long. Mais il peut viser d’abord à lier les différentes monnaies qui ont cours dans les Etats membres par un taux de change fixe avant l’adoption d’une monnaie communautaire unique.
Toutefois, les deux hommes d’Etat soutiennent l’échéance de 2020 retenue par la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO. Ils apportent à cet effet tout leur soutien à la « Task force présidentielle » mise en place le 25 octobre 2013 pour la supervision et le suivi de la création de la monnaie unique dans les délais retenus.
Les deux hommes d’Etat recommandent à la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO de faire procéder à l’évaluation rigoureuse et approfondie des indicateurs de convergence macroéconomiques, notamment le déficit budgétaire et son financement, soit par les banques centrales ou par appel aux marchés monétaires. L’intégration monétaire aura pour conséquence, l’accélération et le renforcement des échanges intra-communautaires et renforcera le tarif extérieur commun et donc le développement plus rapide des économies des Etats de la sous-région ouest-africaine. C’est pourquoi l’aménagement d’un taux de change fixe pour les sept (7) monnaies ayant cours légal dans les Etats Membres parait une étape transitoire à l’adoption de la monnaie communautaire unique qui elle devient une impérieuse nécessité.
Pour finir, il parait judicieux, en ces temps d’insécurité régionale et planétaire de transformer l’ECOMOG en une véritable armée fédérale avec des contingents nationaux, et d’adopter le même schéma, pour une marine fédérale pour protéger nos pêcheurs et lutter contre le crime organisé et le pillage de nos ressources halieutiques et maritimes.

Fait à Cotonou, le 24 octobre 2018

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