Les bisbilles entre le gouvernement béninois et les enseignants, particulièrement ceux du secondaire se poursuivent du fait de désaccord entre deux partenaires dont dépendent l’amélioration et la qualité de l’enseignement donné aux apprenants. Conséquence, l’évaluation des enseignants proposée  par le gouvernement pour mettre fin aux résultats catastrophiques de fin d’année a du plomb dans l’aile.

Les enseignants des écoles secondaires publiques des 12 départements du Bénin  ont, dans l’ensemble, boycotté ce samedi 12 janvier 2019, l’évaluation organisée par leur ministère de tutelle. Un acte qui loin  d’une désobéissance, relance la polémique sur la sincérité des engagements pris entre partenaires sociaux il y a quelques mois. L’évaluation des enseignants des écoles secondaires publiques prévue pour ce matin a été un échec total sur l’ensemble des 12 départements du Bénin. Dans tous les centres de composition à en croire  des sources fiables, seuls quelques enseignants,  un petit groupe en somme ont répondu  présent. Cette absence de la majorité, synonyme de boycott, loin des polémiques inutiles, relance le débat  sur la sincérité des assises entre partenaires sociaux qui ont décidé naguère de dialoguer pour trouver un terrain d’entente. Dès lors, des questions : le gouvernement a-t-il consulté ses partenaires d’en face avant d’initier cette évaluation? Pourquoi les enseignants eux, refusent de se faire évaluer alors que la qualité de l’enseignement laisse à désirer? Que cache le boycott de ce week-end? Un sabotage ou l’expression d’une colère ? A quoi peut-on s’attendre après cette absence remarquée des enseignants dans les centres de composition ? Une radiation, une mise à pied ou la reprise du test d’évaluation? Ce n’est plus un secret de Polichinelle. La qualité de la formation donnée aux apprenants ces dernières années est en deçà des attentes et tout le monde en est conscient. Mais cela suffit-il pour lancer un test sans un minimum de consensus ou faudrait-il penser simplement à un recyclage du corps enseignant?   Au-delà de l’attitude des enseignements qui frise la rébellion, il est important de se demander pourquoi la réforme du gouvernement dont le principal mobile est d’évaluer les enseignants a du mal à passer. La preuve, le même exercice a été proposé récemment aux enseignants de la  maternelle et du  primaire, mais le constat est que cela n’a pas prospéré. Existe t-il d’autres voies pour contraindre   les enseignants à comprendre l’importance de cette évaluation et à accepter subir le test? En tout cas,  les réponses à ces différentes interrogations est loin d’être trouvées; des deux côtés,  personne ne veut mettre de l’eau dans son vin. Le ministre de l’enseignement secondaire, Mahougnon Kakpo( en photo)  prendra t-il aussi des mesures pour sanctionner les enseignants comme l’avait exprimé son homologue de la maternelle et du  primaire, salimane Karimou, récemment désavoué par les enseignants à propos du même test d’évaluation? A la tenue de ces tests d’évaluation, le gouvernement y tient beaucoup.  Car,  dans son vaste programme qui consiste à améliorer la qualité de l’éducation dans les sous-secteurs des enseignements maternel, primaire et secondaire général, le gouvernement béninois, réuni en Conseil des ministres le 12 décembre 2018, a jugé nécessaire de la reprise de l’évaluation des capacités intellectuelles du personnel enseignants (ACP, ACE et honoraires).

Bertine Gaba

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