Farouche opposant à l’avènement au pouvoir du régime Talon, Martin Rodriguez a politiquement, comme par enchantement, disparu de la scène politique béninoise après avril 2016. Il avait pourtant promis le martyre au président Patrice Talon par le biais de la création de son « Parti Démocratique », formation politique qui s’est réclamée de l’opposition quelques jours avant l’investiture de son rival de tous les temps. Autrefois, l’homme était en audience à la Marina sauf que rien n’a filtré de son tête-à-tête avec Patrice Talon. Et depuis, Silence radio. Rodriguez aurait-il rangé sa furie contre sa liberté ? Des casseroles, ce n’est pas ce qui manque dans ce milieu.

L’homme d’affaires et concurrent de Patrice Talon dans le milieu de l’or blanc, Martin Rodriguez, n’avait jamais digéré l’élection à la tête du Bénin de l’actuel Président de la République. Il a été très amer et contre sa candidature, voire même son élection. Il est allé jusqu’à créer son propre parti, le « Parti Démocratique », qui avait pour mission d’aller coûte que coûte contre la gestion du régime de la Rupture. Mais en ces jours difficiles pour l’opposition béninoise qui a surement besoin d’une main forte pour aller contre le système en place, Rodriguez est recherché comme une aiguille dans une botte de foin. Du moins, considérant les développements de ces trois dernières années, surtout les évènements de 2017. Pour rappel, si le gouvernement Talon avait décidé en février 2017 de reprendre dans le patrimoine de l’Etat « Bénin Marina Hôtel », un  complexe hôtelier dans lequel Rodriguez est actionnaire majoritaire, il faut attendre avril pour que l’homme soit reçu par le président de la République, qui en novembre racheta pour le compte de son entreprise « La Sodeco », l’usine d’égrenage de coton du Groupe MCI de Martin Rodriguez pour un montant de 3 milliards de francs Cfa. Ces événements et surtout son silence depuis lors suscitent des interrogations. Rodriguez a-t-il été victime de sa trop grande implication dans les affaires de son concurrent ? Ou, a-t-il été finalement contraint à faire allégeance ? Peut-être qu’il a compris la leçon et a fait ce qu’il faut faire pour éviter le plus dur.

Rodriguez aurait-il choisi de se taire pour éviter le cachot ?

« Je préfère mourir les armes à la main que de vivre à genou ». Célèbre mais triste allégation du premier concurrent à Patrice Talon dans les affaires, Martin Rodriguez, en mars 2016, quelques jours avant le second tour de la présidentielle qui a consacré l’élection de son rival, à la tête du Bénin. A quelques jours des législatives du 28 avril, on est bien tenté de se demander où est passé Martin Rodriguez sur la scène politique béninoise depuis les élections de 2016 ? Les Béninois s’apprêtent à renouveler le bail pour leur représentant au Parlement. Alors que dans le camp de la mouvance, des blocs politiques se constituent au bon vouloir ou non du chef de l’Etat, l’opposition pour sa part tente de s’organiser mais n’arrive pas vraiment.  Dans cette ambiance politique bariolée, Martin Rodriguez et son « Parti Démocratique » semblent être les grands absents. Le silence de l’homme inquiète. Un silence volontaire ou imposé ? On n’en sait vraiment pas grand-chose. Il faut reconnaitre que l’homme laissait trop transparaitre autrefois des querelles de personne dans ses actions politiques contre son rival de tous les temps. « J’ai toujours combattu le comportement de Patrice Talon qui m’a promis face à face que le jour où il aura le contrôle du pouvoir politique, ou je me tais ou il me met en prison », déclarait Martin Rodriguez lors de sa conférence de presse de mars 2016 à Cotonou. De deux difficultés, la plus douloureuse. Il a choisi de se taire. Opposant des premières heures, l’homme d’affaires n’est plus que l’ombre de lui-même. A vrai dire, un tigre en carton.

Judicaël E.C. GBETO

 

 

 

 

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