Ils étaient des milliers, militants des partis de l’opposition dans les rues de Cotonou ce 11 mars 2019. A travers cette marche (ndlr du Stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou à la Place de l’Etoile rouge), les opposants au régime Talon réclament des élections inclusives le 28 avril prochain. On pouvait lire sur les pancartes des messages comme « pas d’opposition, pas d’élections » ou « nous voulons des élections inclusives » ou encore « libérez les certificats de conformité ! ». Mais, il faut dire que ce mouvement de protestation est loin d’épargner aux candidats le paiement du quitus fiscal. Si c’est cela l’idée, c’est perdu d’avance !

A l’issue de la phase du dépôt des dossiers de candidature pour les prochaines élections législatives d’avril 2019, la Commission électorale nationale autonome (Céna) n’en avait retenu que deux (ndlr Union Progressiste et Bloc Républicain). Cette situation quelque peu chaotique a contraint le Président de la République à organiser une séance d’échanges avec les ténors de tous les partis politiques engagés dans le processus des prochaines législatives. Ladite rencontre a bien eu lieu entre le chef de l’Etat et l’ensemble de la classe politique, mais sur une dizaine de partis politiques attendus, seulement six étaient face à Patrice Talon le mercredi 6 mars dernier. Les partis de l’opposition ont brillé par leur absence. Il a été question d’assouplir certaines dispositions de la loi notamment la question du quitus fiscal qui pourrait être exigé bien après, mais pas dans les dossiers de candidature. « Faire en sorte que le quitus fiscal ne soit pas demandé au moment du dépôt des dossiers, mais un peu plus tard », ont conclu les forces présentes au palais de la République autour de Patrice Talon. Les exigences des partis de l’opposition sont assez claires, mais leurs adversaires de la mouvance pensent autrement. L’opposition au régime Talon souhaite purement et simplement l’abrogation du code électoral et de la charte des partis politiques et puis l’adoption d’un texte de loi ad‘hoc pour organiser le scrutin. Alors que, la mouvance déclare vouloir faire des concessions autour de la modification de certains articles à polémiques, contenus dans la charte des partis politiques, mais pas question de toucher au code électoral.

Tout, sauf la remise en cause du quitus fiscal …

Le lundi 11 mars dernier, dans les rues de Cotonou, les militants de l’opposition ont réclamé des élections inclusives. Leur souhait d’abroger du code électoral et de la charte des partis politiques et d’adopter un texte de loi ad‘hoc pour organiser le scrutin cache bien d’autres intentions. Comme par exemple l’annulation du quitus fiscal qui se présente aussi comme une pièce majeure du dossier de candidature. C’est dire donc que l’obtention de l’autre pièce majeure, objet de discorde, (ndlr le certificat de conformité) sera certainement assouplie. Puisqu’il ne s’agira que d’une formalité administrative, ce papier ne causera pas, à coup sûr, assez de problème lors du toilettage de la loi. Mais, il ne faut pas s’attendre à ce que le quitus fiscal disparaisse comme par enchantement des pièces constituant le dossier de candidature, tout comme l’ont souhaité certains représentants de la mouvance lors de la rencontre avec le Président de la République, et même réitérer par certains « amis » de l’opposition : « Faire en sorte que le quitus fiscal ne soit pas demandé au moment du dépôt des dossiers, mais un peu plus tard ». Si c’est cela le plan, alors, c’est perdu d’avance. On ne peu pas refuser d’être en règle vis-à-vis des services financiers de son pays, ou encore chercher à négocier. Il faut dire, contrairement à ce qu’on peut penser, que l’introduction du quitus fiscal dans les pièces est une belle innovation qui ne mérite pas qu’on la retouche d’une manière ou d’une autre. C’est une manière de faire d’une pierre deux coups. Grégoire Akofodji, Sacca Fikara, Alexandre Hountondji, Eric Houndété, les ténors du PCB et autres, militants présents à la marche, doivent le savoir et revoir leur copie, si entretemps c’était l’intention portée par la manifestation de ce lundi matin.

Peut-être qu’il faut souhaiter que l’administration fiscale fasse bien son travail aux fins de ne pas faire du « deux poids, deux mesures », mais demander que cette pièce s’évapore du dossier de candidature, c’est chercher à fuir ces responsabilités de bon citoyen. C’est l’occasion d’inscrire cette pièce dans les dossiers aux autres élections à venir en 2020 et 2021.

Judicaël E.C. GBETO

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